LA FONDERIE GRAVITÉ

LE COUR DE MÉTIER DU BÉLIER

Avec plus de 70% du chiffre d'affaires total, la fonderie gravité en coquille est de très loin le procédé le plus employé au Bélier, et constitue son cour de métier. Si on l'oppose à la fonderie haute ou basse pression, la gravité est le procédé le plus traditionnel et le plus simple. Pendant longtemps, il a été entouré d'un halo de mystère, fait de recettes quasi-magiques, et de tours de mains jalousement gardés.
C'est aussi le procédé qui a connu le plus d'améliorations au cours des quinze dernières années.

CARACTÉRISTIQUES DE LA GRAVITÉ

Hautes caractéristiques mécaniques

La fonderie par gravité n'atteindra jamais la précision dimensionnelle que l'on peut obtenir avec le procédé sous-pression, par exemple. En effet, elle implique par nature l'emploi de "poteyage", c'est-à-dire la pulvérisation à l'intérieur du moule d'un produit lubrifiant qui permet l'extraction de la pièce. L 'épaisseur du poteyage étant couramment de 2/10° de mm, elle indique par là-même la limite de la précision dimensionnelle de la pièce.

Les progrès réalisés ces dernières années dans la liaison mécanique et la fermeture automatique des moules ont permis d'augmenter sensiblement cette précision dimensionnelle.
Par rapport à la sous-pression, la gravité a l'avantage de permettre l'obtention de pièces exemptes de bulles de gaz, ce qui autorise le traitement thermique.


Ainsi, la gravité offre des caractéristiques mécaniques bien supérieures.

Un refroidissement contrôlé

En fonderie gravité, seul le poids du métal encore liquide permet de remplir le moule jusque dans ses moindres recoins, et d'obtenir ainsi une pièce sans "vide", même microscopique (porosité).
Dans ce but, il faut garantir la présence de liquide au cour de la masselotte, afin de permettre un remplissage complet du moule malgré la contraction du métal au cours du refroidissement.
Le seul moyen d'obtenir ce résultat, est de ralentir et de contrôler la solidification tout au long du processus.

Le verre de bière

Dans la pratique, deux méthodes sont employées pour contrôler la vitesse de coulée et la solidification: le basculement du moule, et son réchauffement par le moyen de rampes à gaz installées à la périphérie.
Le basculement (technique dite du verre de bière) consiste à verser d'abord le métal dans un moule quasi horizontal, afin de ralentir au maximum la coulée et supprimer les turbulences. On redresse ensuite le moule au fur et à mesure de son remplissage, pour bénéficier au final du poids du métal.
Ces techniques seraient cependant inopérantes, si par ailleurs l'automatisation ne permettait pas une régularité et une reproductibilité absolue du processus.
Un temps de cycle constant, c'est-à-dire l'introduction de métal liquide à intervalle régulier est indispensable pour le contrôle de la température. L 'automatisation, outre les gains de productivité qu'elle permet, est le meilleur moyen de garantir la qualité zéro défaut des pièces de fonderie.

Production grande série grâce aux techniques d'automatisation

Deux dispositifs sont utilisés pour assurer l'automatisation de la production :
le carrousel et la ligne.

- Le carrousel consiste à disposer 6 ou 8 moules sur une plateforme tournante.
Ils viennent ainsi se placer les uns après les autres devant la louche automatique qui puise le métal dans le four de maintien, puis devant le robot qui assure l'extraction des pièces.
Il est possible de panacher les moules sur un même carrousel, ce qui permet une flexibilité indispensable dans les productions.
- Dans le cas de la ligne, les moules sont fixes et alignés. C'est la louche qui se déplace le long d'un rail, ainsi que le bras d'extraction.
Ces deux méthodes permettent de réaliser les grandes séries pratiquées au Bélier pour les besoins des constructeurs et des équipementiers automobiles.

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